6.6 - En hommage au Colonel Jean-Marie BASTIEN-THIRY

VII -Après le 19 mars 1962 le mensonge d'Evian - JM Bastien-Thiry - L'attentat du petit Clamart - 22 août 1962

1 -  25 Septembre 2011 - La longue marche des Harki pour Paris depuis Montpellier s’interrompt pour un temps de recueillement à Bourg la Reine sur la tombe du colonel Jean-Marie  Bastien-Thiry

2 - 11 mars 2011 - Messe Souvenir en l'honneur du colonel Bastien-Thiry

3 - Toulon 11 mars 2013 - Homélie de Mgr Molinas pour Jean-Marie BASTIEN-THIRY

4 - 13 mars 2016 - Mort pour l'honneur de la France

5 - 11 novembre 2016 à Bourg la Reine - Philippe Gautier / Jean Bastien-Thiry par Simone Gautier

 

 

1 -  25 Septembre 2011 - La longue marche des Harki pour Paris depuis Montpellier s’interrompt pour un temps de recueillement à Bourg la Reine sur la tombe du colonel Jean  Bastien-Thiry

 

En route pour  Les Invalides vers l’Élysée depuis Montpellier, les Harki font une halte à Bourg la Reine pour rendre hommage au colonel Jean-Marie Bastien-Thiry.
Prières, poèmes et chants par le chœur  Montjoie- Saint Denis voir ICI

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Thérèse, Louis de Condé en Beret Vert, Armand Belvisi et Zohra Benguerra

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Avec le Calot rouge, le Colonel Francis HAMILTON accompagné sur sa gauche par Hamid GOURAÏ et à sa droite Louis de CONDE, lors de la longue marche des Harkis en septembre 2011, entrée dans Paris . Envoi du Colonel Francis Hamilton que nous remercions.

 

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VII -Après le 19 mars 1962 le mensonge d'Evian - JM Bastien-Thiry - L'attentat du petit Clamart - 22 août 1962

2 - 11 mars  2011 - Messe souvenir en l'honneur du colonel Bastien-Thiry

 

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VII -Après le 19 mars 1962 le mensonge d'Evian - JM Bastien-Thiry - L'attentat du petit Clamart - 22 août 1962

3 - Homélie de Mgr Molinas pour Jean-Marie BASTIEN-THIRY Toulon 11 mars 2013
 

HOMÉLIE DE Mgr J.Y. MOLINAS
Durant la Messe célébrée en la Cathédrale de Toulon
Le lundi 11 mars 2013
Pour le Colonel Jean-Marie BASTIEN-THIRY, assassiné le 11 mars 1963.

Il y a cinquante ans, un homme tombait sous les balles du peloton d’exécution.

Nous savons, nous qui sommes réunis dans cette cathédrale, qui était cet homme et les raisons pour lesquelles il achevait prématurément sa vie dans les fossés du fort d’Ivry.

Depuis cinquante ans des générations d’hommes et de femmes se sont succédées. Peu nombreux ont connaissance de ce drame qui a cependant marqué l’histoire de notre pays. Cette mort est intimement liée à l’agonie et à la mort d’une province française, l’Algérie, mais plus encore au refus d’accepter de voir la France renoncer à sa mission de nation civilisatrice dans le monde et particulièrement sur toutes ces terres lointaines où son génie avait permis un bond de mille ans en avant.

Nombreux historiens, géopoliticiens, philosophes expliqueront que ce dégagement était inévitable et que le vent de l’histoire nous y obligeait fut--‐ce au prix d’un abandon dramatique des populations qui avaient cru, elles, en la France.

Mais des hommes se sont élevés contre ce qu’il faut bien appeler une forfaiture, une trahison, et donnèrent leur vie pour ne pas faillir à la parole donnée. Et, parmi eux, il y eut Jean-Marie Bastien‐Thiry. Jeune lieutenant‐colonel, marié et père de trois petites filles, il n’hésita pas à sacrifier un avenir humain et professionnel prometteur, pour que la France ne se perde en succombant
« l’acharnement d’un très vieil homme ».

Comme l’écrivit son frère, Gabriel Bastien‐Thiry, Jean « s’était fait de la France une idée trop belle, et de la justice humaine un concept spirituel ».

Cette idée et ce concept dont les racines plongeaient dans la foi chrétienne façonnèrent toute sa vie. Oui, Jean Bastien‐Thiry était un fervent chrétien, et cela depuis sa plus tendre enfance. L’amour du Christ l’avait tout naturellement ouvert à l’amour de sa patrie, la France. Ainsi, pétri par les pages de gloire de l’histoire de son pays et par le baptême qui marqua la France, il ne pouvait ignorer le drame qui se déroulait sous ses yeux, et dont il prévoyait clairement les conséquences désastreuses que non seulement la France mais aussi l’Europe auraient à endurer.

N’oublions pas le contexte géopolitique existant alors : d’une part, l’idéologie marxiste diffusant ses mensonges et pénétrant toutes les couches de la société; des centaines de pays dans le monde asservis à cette dictature habilement présentée comme l’avènement de la liberté et de la démocratie pour les plus pauvres; la menace militaire des pays du pacte de Varsovie prêts à envahir  le monde libre; à l’intérieur la subversion, aux frontières les chars et les missiles. Et d’autre part, en  Algérie et dans nombre de pays musulmans le réveil d’un Islam fait d’intolérance, de violences extrêmes et dont la volonté d’expansion dans le monde est clairement démontrée aujourd’hui.

En 1963, l’indépendance de l’Algérie est déjà survenue. Le nouvel état algérien n’a tenu aucun compte des accords d’Evian qui devaient permettre aux différentes communautés de continuer de vivre sur cette terre. Jour après jour, les nouveaux maîtres du pays, hier encore terroristes sanguinaires mais qui, bien qu’au pouvoir, n’ont pas renoncé à leurs méthodes, bafouent ces accords. Des milliers d’européens sont enlevés, des centaines de milliers de harkis sont massacrés dans des conditions horribles, l’armée française encore présente en Algérie, restant, sur ordre, l’arme aux pieds. Les églises sont profanées, les cimetières dévastés…Tout cela après la fusillade de la rue d’Isly à Alger, le 26 mars 1962, où l’armée française tira sur des hommes et des femmes qui revendiquaient seulement le droit de rester français sur une terre française, et le massacre horrible du 5 juillet à Oran.

La pureté de cœur et d’esprit de Jean-Marie Bastien‐Thiry ne pouvait accepter que la France continua de sombrer dans l’ignominie, après que, comme le déclara le Président du Sénat Gaston Monnerville, « la Constitution eut été violée et le peuple abusé ».

Nous ne tenterons pas ce soir de découvrir le cheminement qui amena Jean Bastien-Thiry jusqu’à l’attentat du Petit Clamart contre le président de la république, mais nous retiendrons comme certain que ce qui le conduisit jusqu’à cet acte, ce ne fut pas la haine de celui qui gouvernait alors la France, mais « la compassion pour les victime » de cet homme, la volonté de « sauvegarder des vies humaines innocentes », et l’amour de la France dont il ne voulait pas que l’histoire fût irrémédiablement souillée.

La mort courageuse de Jean-Marie Bastien‐Thiry et de tant d’autres de ses compagnons qui ne se sont pas résignés à accepter le fatalisme d’une nation anesthésiée, nous amènent, cinquante ans après, à nous poser cette question : leur sacrifice a‐t-il été vain ? On pourrait le craindre en constatant combien notre pays et l’occident chrétien en général semblent s’être détourné de leur destinée. Un chef d’état français n’a‐t‐il pas été parmi les plus déterminés opposants à la reconnaissance des racines chrétiennes de l’Europe ? La France, notre patrie, est aujourd’hui défigurée, et bon nombre de nos compatriotes semblent avoir renoncé à la fierté d’être français. Ne leur demande‐t-on pas, encore et encore, de se battre la coulpe et de se reconnaître coupables de toutes les abjections commises  sur cette terre. Depuis des décennies, on leur a retiré peu à peu les repères historiques, religieux et philosophiques qui les constituaient en nation. On enseigne dans nos lycées que le FLN, qui fut l’ennemi de la France et dont on s’acharne à vouloir dissimuler le terrorisme, la cruauté et le mensonge, incarna la révolte saine et courageuse d’un peuple opprimé pour se libérer du colonialisme français.

Cinquante ans après, nombre d’algériens eux‐mêmes n’y croient plus ! Et du coup, on passe sous un silence honteux les 30 000 soldats français morts pour la France en Algérie. Pire encore, on crache sur leur tombe. Peu à peu, on a effacé de notre histoire les grandes figures qui faisaient que l’on pouvait être fier d’être français. Je dis avec assurance et certitude que Jean Bastien‐Thiry fait partie de ceux-là. Hélas, en compensation, on a fait du show‐biz un olympe et des saltimbanques et autres marchands de rêves, les maîtres à penser d’un peuple décadent.

Le bilan pourrait donc nous paraître bien triste. Et pourtant, la foi et l’espérance ne doivent pas déserter notre vie. Il n’est pas possible que les sacrifices de tels hommes ne finissent par porter du fruit. Autant de souffrances, (je pense à l’indicible souffrance que connurent les proches de celui dont nous faisons mémoire, son épouse, ses trois filles alors encore enfants, de tous ceux dont un des leurs tomba sous les balles du pouvoir) autant d’abnégation engendreront un jour de nouvelles générations qui se lèveront, et se reconnaitront en ce frère ainé qu’est Jean Bastien‐Thiry. Animées par la foi, ils édifieront ce Royaume de lumière, de paix, de fraternité et de vérité que le Christ est venu instaurer sur notre terre.

Et pour nous les Pieds--‐Noirs, c’est un devoir de nous souvenir de la compassion de Jean-Marie Bastien‐Thiry pour notre calvaire « Les Pieds Noirs ne pourront oublier que cet homme, pétri de traditions, enchaîné par ses principes, a tenté l’intentable à cause d’eux.»
« Plaidoyer pour un frère fusillé » de Gabriel Bastien‐Thiry)

Avant de rendre sa belle vie à Dieu, Jean-Marie Bastien-Thiry, heureux d’apprendre que ses camarades avaient été graciés, servit à sa dernière messe célébrée par l’aumônier. S’adressant au prêtre, il lui dit :  « Mon Père, offrons cette messe pour qu’un jour redevienne possible l’unité des Français.» « Oui, mon Père, il faut qu’un jour les Français puissent être unis ! » Devant le peloton d’exécution « l’Homme a souri, et son visage a reflété un immense apaisement, une sérénité définitive. »

Que Dieu sauve la France !

Amen

 

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VII -Après le 19 mars 1962 le mensonge d'Evian - JM Bastien-Thiry - L'attentat du petit Clamart - 22 août 1962

4 - 13 mars 2016 - Mort pour l'honneur de la France  - Envoi du Colonel  Francis HAMILTON

Cimetière  de Bourg-la Reine - Tombe du Colonel Bastien -Thiry le 13 mars 2016:

Tous les Français  devraient se sentir concernés et cultiver la mémoire de ceux qui, comme le Colonel Bastien-Thiry, sont morts pour l'honneur de la France.

Et honte à ceux qui prochainement  iront célébrer la date du 19 mars.

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Tout à droite : le choeur Montjoie-Saint Denis

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Au micro, une des filles du  Colonel

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13 mars 2016 -  Simone Gautier en hommage au Colonel Jean-Bastien-Thiry

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Mon prochain c'était toi

 


VII -Après le 19 mars 1962 le mensonge d'Evian - JM Bastien-Thiry - L'attentat du petit Clamart - 22 août 1962

5 - 11 novembre 2016 à Bourg la Reine - Philippe Gautier / Jean Bastien-Thiry par Simone Gautier

 

Alger

Plateau des Glières

26 mars 1962

La tuerie dite de la rue d’Isly – Le grand silence

Un assassinat collectif sur ordre du sommet de l’Etat

C’est, ce jour là, qu’une foule française a été mitraillée par ses propres soldats.

Le 23mars, 4jours après les soi-disant accords d’Évian, les forces de l’ordre encerclent le quartier de Bâb El Oued, l’isolent totalement de l’extérieur, en font un ghetto, mitraillent les façades, les terrasses et les balcons, fouillent sans ménagement les habitations, détruisent tout sur leur passage, voitures, vitrines, portes cochères…Violentent les habitants, s’attaquent à des civils sans défense…Raflent les hommes de 18 à 70 ans pour des camps d’internement à l’intérieur du pays. Tous les morts, y compris les enfants sont à eux.

Le 26 mars, tout le petit peuple d’Alger, chef lieu d’un département français, se rend vers Bâb El Oued en une longue manifestation pacifique. Des hommes, des femmes, des enfants, de vieux messieurs avec leurs décorations d’anciens combattants, se réunissent pour demander la levée de ce blocus inhumain. Là on est silencieux, là on chante la Marseillaise ou les Africains. Là on séduit les militaires pour passer. Là on est passé. Là se sera le corps à corps avec les militaires. Le piège était déjà en place : une véritable nasse.

La foule arrive sur le Plateau des Glières devant la Grande Poste et s’engouffre rue d’Isly, seule voie rendue possible. Tout autour, toutes les artères sont verrouillées. La nasse fonctionne. Elle se referme.

A 14h50, les tirailleurs du 4ème RTA ouvrent le feu sur ordre, mitraillent les civils sans discontinuer en rechargeant leurs armes. La radio présente sur les lieux enregistrera les appels vains et désespérés de civils hurlant « Halte au feu ! Mon lieutenant… Halte au feu ! »

Dans les rues alentours, cette fusillade devient un signal. Une véritable chasse aux français d’Algérie commence. Les CRS et les gardes Mobiles s’acharnent, tirent sur leurs compatriotes sans défense… Sur ordre…et par vengeance après Bâb El Oued.

Partout les militaires, les gendarmes, les CRS occupent les carrefours, les toits, les terrasses, font des barrages. Les photos des journalistes en témoignent. Partout, toutes les armes sont approvisionnées et chargées. Les tirailleurs avancent rafales après rafales, arrosent les gisants au PM et au FM, chargeurs après chargeurs. Ils mitraillent les façades, les intérieurs des appartements aux volets clos, achèvent les mourants à l’intérieur des magasins, les poursuivent à l’intérieur des couloirs des immeubles. Ils poursuivent une jeune femme et son bébé chez Natalys et les achèvent à bout touchant. Et puis, ils tirent sur les médecins et les pompiers, faisant de nouvelles victimes. Ils tirent sur les ambulances, déjà toutes prêtes, déjà là, à attendre les morts et les blessés. C’est une véritable chasse aux Pieds-noirs, une tuerie, un carnage auquel se sont livrés les tirailleurs aux gestes obscènes, les gardes mobiles aux ricanements haineux et les CRS qui insultent et matraquent et balayent rue Charras, rue Richelieu, Rue Clauzel : lisez les témoignages.

La foule était dense. C’était un cortège de jeunes gens, d’enfants, de personnes âgées, de vieux messieurs aux médailles d’anciens combattants. Ils avaient des drapeaux, ils chantaient la Marseillaise et les Africains et ils s’effondrent gisants ensanglantés.

Et puis les ambulances et les Dodges des militaires ramassent les morts et vont et viennent et déversent leurs cadavres et leurs blessés à l’hôpital Mustapha, à la Clinique Lavernhe, à la Clinique Solal.

Nous ne connaissons pas le nom et le nombre de tous ceux assassinés au Plateau des Glières devant la Grande Poste et tout autour, rue d’Isly, Boulevard Pasteur, rue Chanzy, Rue Lelluch, Boulevard Baudin, et plus loin, Place de l’Opéra et aussi aux Facultés, et plus loin encore, au Champs de manœuvre et dans le haut du Boulevard du Télémly, encore une heure après la fusillade. Lisez les témoignages.

Le bilan est terrible : entre 55 et 80 morts – dont des enfants rendus aux parents sur ordre de se taire – et des centaines de blessés dont certains ne survivront pas et d’autres souffrent encore des séquelles de leurs blessures. Une chape de plomb, plus de 50 années de plomb couvre toujours cette tragédie. C’est toujours le grand silence, une rupture de la continuité de la vie et de la mort, le deuil impossible. Les cadavres seront regroupés à la morgue de Mustapha puis enterrés à la hâte, sans sacrements, clandestinement, en faisant courir les familles dans les cimetières dispersés aux quatre coins de la ville. Il y aura ceux, dont on ne connait pas le nombre, enterrés de nuit à El Halia car sans papier d’identité sur eux. L’enquête sera bâclée en quelques jours et débouche sur un non lieu, et les années de plomb commencent. « Circulez, il n’y a rien à voir, il ne s’est rien passé. »

Lors de son procès, dans sa déclaration du 2 février 1963, Jean Bastien Thiry dira : « la diffusion des documents relatant les conditions et les résultats de la fusillade du 26 mars à Alger qui fit des centaines de victimes fût interdite…Cette répression inhumaine était exercée par des français par d’autres français qui ne luttaient que pour rester français sur la terre de leurs pères. Elle restera dans l’histoire le signe de l’inhumanité totale de celui qui l’a ordonnée ».

Mon mari a été assassiné ce jour là d’une balle dans la tête comme on achève les chiens enragés ou les chevaux blessés. Il avait 28 ans. Il était père de deux enfants. Il était Lieutenant au long cours dans la Marine Marchande et sursitaire. Il venait de terminer son service militaire qui a duré plus de 18 mois dans les djebels à la frontière Marocaine, chef de section du Commando de Marine TREPEL. Pour avoir à chaque fois ramené sa section saine et sauve la Nation l’a décoré. Nous ne voulions plus être séparés et il est entré chez IBM sur un poste d’ingénieur commercial. Les seules condoléances que j’ai pu recevoir sont venues du PDG américain d’IBM, Arthur Watson, dont je conserve précieusement le télégramme.

Des courses folles à l’Hôpital Mustapha, il ne me reste que peu de souvenirs. Je m’entends hurler, oui. Je ne me souviens plus du tout de ce que j’avais fait des enfants. Il me reste des images : des couloirs, des corps allongés sur des tables, par terre, en vrac, il fallait passer par-dessus pour trouver le sien…Des corps mutilés… des pieds éclatés… des visages à moitié arrachés… Je tournoyais, pataugeant dans tout ce sang partout, pour le trouver et l’emmener avec moi.

Jean Bastien Thiry dira : «  Cette fusillade du 26 mars à Alger et diverses autres opérations menées contre les populations, ont fait plus de victimes que le massacre d’Oradour sur Glane qui fût, à la fin de la dernière guerre, cité comme l’exemple de la barbarie nazie. »

Je me suis enfermée dans plus de 40 ans de silence absolu, avec seulement l’image des cadavres empilés à la morgue de l’Hôpital Mustapha….

Et puis je me suis mise debout et j’ai rencontré les associations et j’ai écumé les sites informatiques, à la recherche de cette tragédie. Et puis j’ai rencontré Jean-Marie Bastien-Thiry. Et toujours à la recherche du 26 mars, j’ai découvert son procès. J’ai découvert son parcours de vie. Je sortais de mon abîme de silence à la lecture de son procès, ce procès qui me parlait, qui m’expliquait, comme si me tenant par la main, Jean Bastien-Thiry me faisait entendre aussi tous les acteurs de cette fusillade, me faisait faire ce chemin au fur et à mesure des comparutions, des témoignages, de ses analyses, de ses réflexions, de ses décisions.

Oui les années de plomb continuent au niveau de l’Etat, mais la France sait néanmoins que le 26 mars 1962 a existé, que le 26 mars est présent dans notre Histoire car ce 26 mars 1962 à Alger, en provoquant «  ce rebondissement imprévu du procès » l’a fait connaitre définitivement à la France entière. Arrêtons-nous, oui, il s’est passé quelque chose ce jour-là.

Merci.

Jean-Marie Bastien-Thiry a dit lors de sa déclaration du 2 Février 1963 : «  Malgré l’extraordinaire mauvaise foi, malgré leur extraordinaire cynisme, c’est une vérité qu’il y a eu, qu’il y a en France et en Algérie, des milliers de morts et de martyrs, qu’il y a des milliers de disparus et des centaines de milliers d’exilés, qu’il y a des camps de détentions et de tortures, qu’il y a eu de nombreux viols et de nombreux massacres, qu’il y a des femmes françaises obligées de se prostituer dans les camps du FLN. C’est une vérité que le pouvoir, de fait, aurait pu épargner ou limiter toutes ces horreurs s’il l’avait voulu ; mais c’est une vérité qu’il ne l’a pas voulu !

Philippe Gautier est mort d’un assassinat collectif sur ordre venu du sommet de l’Etat en mars 1962

En mars 1963, un an après, Jean Bastien Thiry était assassiné sur ordre venu du sommet de l’Etat.

Assassinés tous deux d'une balle dans la tête

Oui Philippe Gautier, Jean-Marie Bastien-Thiry, vous êtes là, ici, aujourd’hui avec nous, nous vous rendons hommage ainsi qu’a toutes les victimes de la guerre d’Algérie, aux fusillés, aux disparus, à ceux du 5 juillet, aux harkis abandonnés et massacrés.

 

Helene

 

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Photographies offertes par les participants dont Alain Avelin, Alain Bondel .... En vous remerciant

 

 

Document sonore de la cérémonie, offert par Patrick Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.   Tel. 06 82 55 16 06

Merci Patrick

 

 

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