2.5 - Le récit de Renée Antoine par le Docteur Raymond Féry

IV - Date emblématique d'un massacre collectif de - Lundi 26 mars 1962 à Alger.

Le Docteur Renée Antoine par le Docteur Raymond Féry (Ed. Atlanthrope - 1989)
dans "Un crime sans assassins" Francine DESSAIGNE

Dans ce beau livre où le docteur Féry retrace le modeste et immense dévouement du docteur Antoine pour les populations sahariennes atteintes de maladies des yeux .... le 26 mars y trouve place sous forme d’une lettre écrite le 31 mars 1962 au docteur Lhuillier, passage reproduit ci-dessous.

« On n’a pas trouvé une arme sur les morts et les blessés des Glières. Ils ont été atteints presque tous dans le dos ou la face postérieure du bassin et des membres, car ils s’étaient tous couchés à plat ventre quand ils ont compris qu’on allait tirer .... le docteur Massonat, un des meilleurs espoirs de notre faculté, venu en blouse blanche avec des garrots dans ses poche a été tué à bout portant par un soldat musulman alors qu’il se penchait sur une femme pour garrotter son bras déchiqueté. Le frère de mon infirmière a été tué chez lui , au 6ème étage de la rue Lelluch, face au revers de la Grande Poste ; la pièce dans laquelle il se trouvait a été criblée de projectiles.

Un des proches de Renée Antoine, un étudiant en sciences de 28 ans est au nombre des blessés et présente "une délicération" du rectum avec fractures multiples - ses blessures témoignent absolument qu’il a été littéralement arrosé de projectiles de tous calibres , alors qu’il était couché à plat ventre par terre. J’ai pansé à mon cabinet un blessé léger également atteint aux fesses et face postérieure des cuisses. Ce carnage n’est donc pas le fait de bagarre d’une foule donnant l’assaut à un barrage mais l’arrosage systématique d’une manifestation pacifique venue affirmer sa sympathie aux assiégés de Bab el Oued. De tout cela se dégage une impression horrible : la France me fait peur, la peur que nous inspire une bête féroce et cruelle. Elle me fait peur et me répugne ».

Francine Dessaigne ajoute : S’il n’était posthume, le récit du docteur Antoine aurait mérité de figurer dans le chapitre consacré au « Corps médical », en raison des précisions qu’il donne sur la nature des blessures. Arroser des manifestants à terre , ce n’est pas vraiment tirer à l’horizontale, donc au-dessus des corps, comme ce fut trop souvent affirmé.

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Aix en Provence : Inauguration de la rue Renée Antoine

Ci-dessous un article, extrait de la vie des Cercles Algérianistes, d'Evelyne Joyaux.

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