4.10 - De Gaulle à Alger pour la troisième fois 29 août 1958, c'est le commencement de la fin : les carottes sont cuites

III - Histoire et récits - De 1945 à 1962 les évènements

« 29 août 1958 : un immense espoir… »

Pour la 3ème fois, en quelques semaines, le chef du Gouvernement est à Alger … C’est au terme d’un périple de quelque 20.000 kilomètres que De Gaulle s’enfermera dans son cabinet de travail du Palais d’été pour « faire le point » et tirer les enseignements de ce voyage en terre d’Afrique, cette Afrique noire à laquelle, sans marchander la France humaine et généreuse a consacré tant d’effort, depuis des décades et des décades …

Avant de regagner Paris, De Gaulle devait, dans une allocution – dont nos lecteurs retrouveront le texte intégral dans les colonnes de la revue  – dégager le sens du référendum du 28 septembre.

« Le 28 septembre prochain, les Algériens de toutes communautés vont, en complète égalité et d’un seul mot « oui ou non », influer d’une manière directe sur le sort de la France. Car de leur vote dépendra, pour une part, ou bien la rénovation des institutions nationales ou bien le retour aux errements qui ont failli jeter la République aux abîmes.

Leur vote contribuera aussi à établir sur des bases nouvelles les rapports de la métropole aussi bien que de l’Algérie avec les territoires de l’ensemble français situé au sud du Sahara. A ces territoires qui viennent de me donner les plus éclatants témoignages de confiance et d’attachement, le degré de leur développement permet, en effet, d’assumer  eux-mêmes leur gouvernement intérieur, tandis que de multiples motifs politiques, économiques, culturels, ainsi que d’émouvantes raisons de sentiment les portent à demeurer liés à la France en une libre communauté. Le referendum en décidera solennellement. Par leur vote, enfin, les habitants de l’Algérie vont fournir une réponse à la question de leur propre destin. Car si durent  que soit les épreuves, où les place une lutte fratricide, quelle que puisse être l’idée que se fassent les uns ou les autres de ce vers quoi devrait tendre le statut de leur pays, une fois la paix revenue et les déchirements dépassés, les bulletins qu’ils mettront dans l’urne auront sur un point capital une claire signification. Pour chacun, répondre : « oui » dans les circonstances présentes, cela voudra dire, tout au moins, que l’on veut se comporter comme un français à part entière et que l’on croit que l’évolution nécessaire de l’Algérie doit s’accomplir dans le cadre français.

L’évolution de l’Algérie ! C’est cela qui, au temps où nous sommes, importe ici par-dessus tout. C’est par rapport à l’obligation où se trouvent les Algériens quels qu’ils soient et les métropolitains quels qu’ils soient de faire un effort en commun pour que ce pays devienne prospère au profit de tous ses enfants, que l’on doit considérer aujourd’hui les perspectives politiques. Faire en sorte que chacun accède à un niveau de vie tel que soient assurées sa subsistance, sa sécurité et celle des siens, que le rendement des terres, l’hydraulique, le reboisement, soient activement poursuivis, que bientôt, grâce au pétrole et gaz sahariens, s’installent les vastes ensembles industriels qui transformeront l’Algérie, que tous les garçons, toutes les filles, de toutes les villes et de tous les villages reçoivent enfin l’instruction, qu’une formation professionnelle organisée développe la valeur des travailleurs, que l’enseignement et la loi rendent les Administrations, les cadres des Armées, les postes économiques, les professions libérales, accessibles à un beaucoup plus grand nombre de jeunes Algériens depuis Dunkerque jusqu’à Tamanrasset, voilà ce que commande le simple devoir humain ! Voilà qui répond aux impératifs de ce monde et de ce siècle ! Voilà la tâche que la France est résolue à mener à bien et dont, malgré tous les travers, elle continuera d’assumer les responsabilités. En comparaison, les combats et les attentats ne sont rien que vies  perdues, forces perdues, chances perdues. Revienne la paix, que les Algériens, mis à part des fanatiques, appellent de toute leur âme et que notre armée, jour par jour, nuit par une nuit, est en train de leur assurer, on verra un immense espoir se lever sur cette terre malheureuse. Ici même, le vote du 28 septembre sera un nouveau départ donné à l’œuvre humaine de la France ! »


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