4.7 - 13 Mai 1958 (suite) - Général Salan - Comités de salut public- Images des jounées de mai

III - Histoire et récits - De 1945 à 1962 les évènements

1 - Général Raoul SALAN - Comité de Salut Public
2 - Image des journées de mai 1958

1 - Général Raoul SALAN - Comité de Salut Public

- Communiqué du général Raoul Salan qui assure provisoirement les pouvoirs civils et militaires.

SALAN a toujours maintenu des relations avec le chef du gouvernement et avec le général ELY, Chef d’État-major Général. Des officiers et des hauts fonctionnaires ont continuellement assuré la liaison avec Paris. Ce sont des militants gaullistes d’Alger, soutenus par un réseau parisien lié à De Gaulle, qui ont réussi à imposer l’idée que son retour était une nécessité pour empêcher tout abandon de l’Algérie. Pour SALAN l’opération Résurrection n’a été qu’une action d’intoxication psychologique, destinée à faire céder les hauts responsables gouvernementaux. Et le général De Gaulle en était informé.

Alger le 14 mai 1958

COMMUNIQUÉ

1. Le général SALAN Commandant supérieur des armées et Commandant la 10ème région militaire, assure provisoirement à compter d’aujourd’hui 14 mai les pouvoirs civils et militaires afin d’assurer le maintien de l’ordre, la protection des biens et des personnes et la conduite des opérations.

2. Le comité de salut public qui s’est constitué à Alger sous la pression des évènements pour affirmer la volonté de la population franco-musulmane de rester Française, assure la liaison entre elle et le Commandement qui lui transmet ses ordres.

3. Il importe que tous les rouages de l’ Administration soient remis en route au plus vite afin qu’il n’y est aucune perturbation dans la vie du pays et dans la conduite des opérations.

4. La population est invitée à garder son calme dans la dignité et la discipline. L’autorité militaire invite chacun à lui faire confiance et à reprendre son travail.

Le lendemain, 15 mai 1958, le général Raoul Salan prononce une allocution devant le comité de salut public, à l'intérieur du Gouvernement général d'Alger : «Vive la France, vive l'Algérie française, vive le général de Gaulle !»

Puis il se rend sur le balcon et s'adresse à la foule rassemblée sur le Forum : «Nous gagnerons parce que nous l'avons mérité et que là est la voie sacrée pour la grandeur de la France. Mes amis, je crie : «Vive la France ! Vive l'Algérie française !»... Il se retourne vers l'intérieur mais se heurte à la haute silhouette du gaulliste Léon Delbecque qui lui souffle : «Vive de Gaulle, mon général !» Revenant vers le micro, Salan reprend la phrase : «Vive de Gaulle !»

Les dés sont jetés avec cet appel public au Général, éjecté de l'activité politique en 1947 mais toujours très désireux de donner à la France des institutions plus stables que la IVe République.

De Gaulle, le retour

De sa retraite de Colombey-les-Deux-Églises, de Gaulle fait répondre le jour même qu'il se tient prêt à «assumer les pouvoirs de la République».

Le 19 mai, il donne une conférence de presse pour dire qu'il refuse de recevoir le pouvoir des factieux d'Alger. Aux journalistes qui s'inquiètent de l'éventualité d'une dictature, il lance : «Croit-on qu'à 69 ans, je vais commencer une carrière de dictateur ?».

Le 27 mai, de Gaulle affirme dans un communiqué qu'il entame le processus régulier pour «l'établissement d'un gouvernement républicain». Stupeur dans la classe politique. Serait-ce un coup d'État ?

Pour dénouer la situation, René Coty, le président de la République, se résout le 1er juin, dans un message au Parlement, à en appeler au «plus illustre des Français... Celui qui, aux heures les plus sombres de notre histoire, fut notre chef pour la reconquête de la liberté et qui, ayant réalisé autour de lui l'unanimité nationale, refusa la dictature pour établir la République».

Le général forme sans attendre un gouvernement de rassemblement avec Guy Mollet, chef de la SFIO (parti socialiste), Antoine Pinay (Centre National des Indépendants, droite), Pierre Pflimlin, MRP (chrétien démocrate), Michel Debré (gaulliste)...

Investi de la présidence du Conseil, le général Charles de Gaulle s'attelle à la mise sur pied d'une nouvelle Constitution. Elle est approuvée par référendum le 28 septembre 1958 avec 79,2% de Oui et toujours en vigueur.

Le 21 décembre 1958, Charles de Gaulle est élu président de la République et de la Communauté française par un collège électoral. C'est le premier président de la Ve République.


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