3.6 - L’association SOLDIS ALGÉRIE - Les militaires français portés disparus en Algérie

VII - Après le 19 mars 1962 le mensonge d'Evian - Les disparus militaires - Témoignages - La Presse - Les associations

 

Combien sont-ils ?
Quels sont leurs noms ?
Comment ont-ils disparu ?
Que sont-ils devenus ?
Qui garde leur mémoire ?


Autant de questions que plusieurs centaines de familles se posent, depuis plus de 50 ans et auxquelles l'association SOLDIS ALGÉRIE tente d'apporter une réponse avec le soutien du Ministère de la Défense et l'aide de plusieurs associations du monde combattant.

 

SOLDIS ALGÉRIE est une association nationale pour la mémoire des militaires français portés disparus en Algérie. Ses objectifs sont :

-  dresser un liste aussi complète que possible des militaires français disparus, en réunissant toutes les informations disponibles afin de permettre d’entreprendre, -lorsque le moment sera venu- (à souligner), la recherche des corps, leur identification et leur inhumation..

- rédiger et publier un MÉMORIAL, afin de constituer, dans un premier temps, un mausolée virtuel.

- ultérieurement, élever un MONUMENT à la mémoire des militaires français portés disparus, afin d'offrir à leurs familles et à leurs compagnons d'arme un lieu de recueillement.

 

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C’est un dossier peu connu.
La guerre d’Algérie a entraîné la disparition de militaires français.

Le terme de militaires français s’applique ici aux militaires français (de souche européenne ou nord-africaine) appartenant à l’armée régulière, c’est-à-dire engagés ou appelés, servant dans une formation identifiée de l’armée française, à l’exclusion des supplétifs, qui n’entre pas dans le cadre des recherches effectuées par SOLDIS.

Mais que ce soit pendant la guerre elle-même, à la fin de celle-ci ou encore aujourd’hui, plus de cinquante ans après les faits, personne n’est en mesure d’en donner ni le nombre exact, ni la liste nominative.

Durant la guerre, dont il est indispensable de rappeler qu’elle se déroulait sur le territoire de départements français, il était en effet, pour cette raison, impossibles à l’armée française et aux autorités politiques de reconnaître publiquement que des soldats de l’armée régulière pouvaient avoir été faits prisonniers ou que l’on ignore le sort de ceux qui, en plein combat, avaient « disparus aux yeux de leurs camarades », selon la définition administrative militaire de la disparition.

Car, aucune guerre n’étend déclarée officiellement en Algérie, le gouvernement français ne pouvait reconnaître aucun adversaire officiel avec qui négocier ou échanger des informations sur les prisonniers.
C’était en outre, en raison de la menace qu’elle signifiait pour les troupes isolées, une information susceptible de porter atteinte au moral de l’armée et il était donc considéré comme normal d’en faire un dossier confidentiel.

Cette étude s’étendit même aux familles dés intéressés, que l’on laissa dans l’ignorance la plus complète, y compris les circonstances de la disparition et des mesures prises -quand il y en avait eues- pour rechercher les « manquants ».

Il arriva même parfois que l’on passe planer un soupçon de désertion sur certains individus, jetant les familles dans l’opprobre et une attitude de silence honteux.

La preuve de nombreuses disparitions existait pourtant, puisque des militaires français capturés enlevés purent soit s’évader, soit être libérés après une détention dans des camps situés en Tunisie et au Maroc. Mais ces exemples furent le nombreux.

Et personne ne sut jamais comment étaient morts ces prisonniers français qui, jusqu’au terme de leur vie, ont dû espérer que l’on viendrait à leur secours.

On retrouva en revanche, par hasard ou sur renseignements, un certain nombre de corps inhumés à la hâte, mais qui purent être identifiés. Ces soldats appartenaient plus alors au monde des disparus.

Car le problème de la disparition réside, pour les familiers du disparu, dans l’absence formelle de preuve de la mort, dont la principale est la découverte du corps, auquel il est alors possible de rendre un ultime hommage, même virtuel et tardif.

Quelques démarches furent toutefois entreprises, au lendemain de la guerre et notamment dans les premiers jours de l’indépendance de l’Algérie, car, après le 19 mars 1962, de nombreux enlèvements de militaires de l’armée régulière furent alors encore commis et attirèrent l’attention.

Mais ces travaux ne furent jamais coordonnés et aucune instance officielle, disposant pourtant des archives alors fermées à la recherche publique, ne se livra à un inventaire précis de toutes les disparitions survenues depuis le déclenchement des « événements d’Algérie ».

C’est ainsi que l’on peut disposer aujourd’hui, cinquante ans après la fin de cette guerre, que de diverses estimations du nombre de ses « militaires disparus », fruits d’études réalisées par des chercheurs privés, n’ayant pas toujours eu la possibilité d’accéder aux archives complètes.

Selon les sources, en estime le nombre de militaires français disparus entre 400 et 600.

Par leur imprécision même, ces estimations témoignent de la nature du problème posé.
Par l’ampleur des chiffres évalués, elles révèlent aussi un problème qui est loin d’être anecdotique puisque le total de ces estimations correspond, grossièrement, à l’équivalent d’un bataillon perdu. Car, il faut aussi le préciser, ces disparitions concernent des militaires (y compris au moins une femme) de tous grades (de soldat à officier supérieur), de toutes les armes et de tous les statuts.

C’est pour effectuer ce travail de recensement que l’association SOLDIS ALGERIE s’est constituée, le 1er novembre 2014.

Se voulant le porte-parole de tous ces militaires français portés disparus (et de leurs familles) aujourd’hui tombés dans l’oubli et dont le souvenir est indistinctement mêlé à celui des morts, elle souhaite apporter sa collaboration au secrétariat d’État aux Anciens Combattants qui a accepté de soutenir sa démarche.

 

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