3.5 - La valise à la mer de Nicole GUIRAUD

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La valise à la mer

Un quart d'heure de spectacle. La caméra détaille de très près les bibelots tirés de la valise et posés sur la table, dans un cercle tracé à la chaux. Les objets symboles-succèdent aux objets-souvenirs et servent de repères, de jalons, le long du temps qui passe, tandis que la voix triste égrène doucement son chapelet de douleurs.

Aussitôt la sympathie se fait attentive, le charme joue, le cercle emblématique devient magique. La voix raconte l'enfance, l'attentat, l'exil, la quête d'autre chose qui toujours se dérobe, jusqu'au jour du regard courageux vers ces temps merveilleux et terribles, en Algérie. Alors l'auteur-orateur comprend et nous apprend que le retour a commencé. Sur le sable, l'image du cercle rompu, la flèche et la lettre indiquant le sud accompagnant les mots tous simples de la réconciliation : "le voyage, le bateau, la mer ..."

Il est difficile de traduire l'émotion qui émane de ce film bâti avec des riens et servi par des phrases d'une grande sobriété. Nous avions tous envie de tendre une main fraternelle. Ne pas trahir surtout, par l'emphase ou la banalité, l'esprit de ce petit chef-d'œuvre. Un grand homme de chez nous, Augustin le Berbère, a dû souffler à son auteur sa prière immuable :"Faites que du malheur jaillisse le meilleur".

Le malheur, l'innocence mutilée, l'enfance meurtrie et chassée de chez elle, la longue recherche des sources dans un monde égaré. Le meilleur, le courage de dompter sa révolte, et ce film d'une extraordinaire sensibilité.

Merci Nicole Guiraud.

Jo SOHET

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Mention, excellent
Prix d'Allemagne Fédérale 1991
Prix du film de la Hesse 1991
Grand-Prix international du court-métrage d'Oberhausen 1992
Prix du Festival du Jeune Cinéma de Turin 1992
Prix du Festival du film de San Francisco 1993

Strandfilm - Production
Francfort - Main (RFA)

 

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