2.18 - L'histoire de l'Enseigne de vaisseau de 1ère classe de réserve Philippe GAUTIER 1958 -1962

IV - Date emblématique d'un massacre collectif de - Lundi 26 mars 1962 à Alger.

1 - Lieutenant au long cours de la Marine Marchande - 1956-1957 / 1957-1958

2 - Service National - Enseigne de Vaisseau - Commando de Marine TREPEL - 1958/1960

3 -Les commandos Trépel et Jaubert croisent dans la mer d'alfa - Un reportage de Jean Taousson – L’écho d'Alger - juillet 1959

4 - Ingénieur chez IBM - A partir du 1er janvier 1960 jusqu’au 26 mars 1962

5- Tué au cours d'un assassinat collectif sur ordre du sommet de l’État - 26 mars 1962 à Alger

6 - Dans son livre "Histoire secrète de l'O.A.S." Georges Fleury écrit : 

7 - Avoir 19 ans sur le M'ZI de Stanislas Szymonik

8 - Condoléances d'Arthur WATSON - IBM

 

 IV - Date emblématique d'un massacre collectif de - Lundi 26 mars 1962 à Alger.

1 - Lieutenant au long cours de la Marine Marchande - 1956-1957 / 1957-1958

Philippe Gautier, à la fin de ses études secondaires, est admis à l’École Nationale Supérieure Maritime de Paris - Spécialité Pont - Au cours de sa formation et jusqu'à la fin de son sursis, il embarque d'abord sur le Washington, en tant qu'élève officier, pour un Pacifique Nord, un long cours de juillet à novembre 1955.

 

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Puis il embarque successivement sur l’Estérel puis sur le Fort Carillon jusqu'en novembre 1957, fin de son sursis au service militaire.
Ce sont des cargos bananiers, faisant les Antilles, navires rapides, peints en blanc. Le port d'attache est le Havre et les rotations durent le temps d'une marée.

Il se marie en janvier 1957.

 

A bord du Fort Carillon

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A bord de l'Estérel

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L'Estérel

 


IV - Date emblématique d'un massacre collectif  - Lundi 26 mars 1962 à Alger 

2 - Service National - Enseigne de Vaisseau - Commando de Marine TREPEL - 1958/1960 

01-04-1958
Appelé du contingent, il rejoint le bâtiment de ligne "Richelieu'" pour débuter  son service militaire, spécialité : Fusiliers des commandos de marine. Il est élève-officier de réserve : E.O.R.

 

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26-04-1958
Naissance de sa fille Martine .
De Brest à Paris, il vient, pour trois jours, embrasser sa fille, (son congé de paternité).  Tandis que les infirmières de la clinique touchent le pompon rouge de son béret qui porte bonheur, elles lui offrent du champagne en criant "Vive la Marine française". C'était le temps de l'Algérie française, mais aussi le temps du parjure ! Sa fille est née dans la trahison de sa naissance, dans le déni de ses origines puisque l'Algérie française n'avait donc  jamais existé ?
Oh ma fille, lui qui t'a tant aimée, "qu'ils soient maudits jusqu'à la 3ème génération", c'est ce que j'ai souffert effondrée sur le corps mutilé de ton père, ce héro caché par toutes ces années de plomb! Un mort absent dans l'aventure humaine. Oh toi sa fille, tant attendue avant les djebels, toi sa fille, prends soin de la mémoire de ton père, car après la trahison, le parjure, le mensonge, la vilénie, viendra le temps de la lumière! Toi sa fille, son amour, sois là!

01-05-1958
Il est affecté au centre Siroco de la Marine Nationale à Cap Matifou - La Pérouse en Algérie, à quelques kilomètres d'Alger.

 

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Philippe Gautier major de promotion est le premier au deuxième rang

 

Centre Siroco Parcours du combattant

 

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01.Centre Siroco La Pérouse1

Cap Matifou est un village pris dans les terres, à quelques kilomètres du Cap, sur le territoire de La Pérouse. Colonie romaine, devenue Tementfoust après la colonisation arabe. Une altération espagnole transforme Tementfoust en Matifou. Tementfoust est rebaptisée La Pérouse à la fin du XIX° siècle.Ce sont les émigrés Corses qui se sont installés initialement à La Pérouse. Les émigrés d'origine espagnole, italienne ou maltaise se sont plutôt fixés à Fort de l'Eau, Aïn Taya, aussi Cap Matifou et la Rassauta

 

"Cap Matifou - Jean Bart - La Pérouse avant 1958 "

Cap Matifou1

 

Jean Bart2

 

La Pérouse3

 

"Cap Matifou la plage - 1958"


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01-10-1958
Il est nommé Aspirant de Marine

01-12-1958
Il obtient son certificat de commando - Major de promotion. Est affecté dans le Corps amphibie de la Marine - au commando Trépel - un commando d'assaut - qui opère en Afrique du Nord - Il obtient quelques jours de congé.

 

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02. N.D. d Afrique2

Visite à Notre Dame d'Afrique avant le départ 

12-12-1958
Rejoin
t Arzew et embarque sur l'escorteur d'escadre "le Picard".

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20-01-1959
Le commando rejoint Nemours et les opérations dans les djebels se succèdent sans discontinuer, marches, escalades, héliportages, parachutages, embuscades, fouilles des mechta, installations des postes de nuit, observations de jour ... :

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Nemours

 

Extraits des notes personnelles de Philippe Gautier

De décembre 1958 à février 1959, opère dans le secteur DBFM de Nemours : djebel Gorine, Djebel Sofiane, oued Bou Kiou, oued Honaïne, Kiouma ...

Puis jusqu’en octobre 1959, dans les secteurs : Aïn Sefra, Djenien, Bou Rezg, Colomb Bechar avec les légionnaires dans les djebels Bou Amoud, Beni S'mir - Ich 31 juillet 1959 2 août 1959- naissance de son fils Pierre à Alger - lire ci-dessous), M'Zi (Si Rhalid) (22 septembre 1959), Baissot, Tannout ... 

Dans le secteur d'Aflou, Geryville, Djelfa, Laghouat, opérations parachutées dans les djebels Mahasseur, Sidi Bou Zid, Sidi Lahrsine, Sahari, El Gaada,

et opérations héliportées Guettet, Zenina, djebel Medboua (5 juillet 1959), Taouiaia, PK 22, El Richa

et encore :  El Kacibat, Si Mohamed, El Krouane, Ouled el Krouane,  Bou Djellil, Ouled ben Teddoum, Ouled ben Ayad, Si Amar, le Kriter,  les Oglas,  Oued El Arich, Aflou, Oued Sidi Baït, El Richa, oued Chebek,

 

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20 janvier 1959
Signé par le Commandant du commando Trepel, on lui remet le : Diplôme de la Médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l'ordre avec agrafe :"ALGÉRIE"

26 mars 1959
Dans le Constantinois

 

 

20- 04 1959
Rejoint Saint Mandrier à Toulon pour un entrainement nautique.

22 avril 1959
Nommé par le Ministre des Armées au grade d'Enseigne de vaisseau de 2ème classe de réserve.

24 avril 1959
Part en opération dans le Constantinois.

26 avril 1959
Opération Sidi Hamana, Meharza dans le Nord Constantinois ...
Période sans courrier, sans nouvelle, informations absentes aux archives
Sa fille fête son "un an" à Aïn Taya près d'Alger
26 avril 1959 sortie opérationnelle à Sidi Hamana dans le Nord Constantinois pour laquelle il recevra une citation à l'ordre de la Brigade avec attribution de la  Croix de la Valeur militaire avec étoile de bronze.  

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14 Ain Sefra12

 

7 mai 1959
Jusque là, silence dans les archives du Château de Vincennes ... Pourquoi ?
Retour à Aïn Sefra. Embarquement dans les camions pour les Oglas.
Hélicoptères jusqu'au djebel ben Amoud

8 mai 1959
Ravitaillement en eau par hélicoptères. Opérations oued El Arich ...accrochages

19 juin 1959
Bivouacs de nuit - Raids de nuit ...

20 juin 1959

Retour Aïn Sefra

5 juillet 1959
Opérations héliportées. ...Oued Sidi Baït, Djebel Medboua... reconnaissances, accrochages violents, rebelles fortement armés, ... Tués, blessés, intransportables, ... Contact commando Jaubert

 

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11 juillet 1959
Fouille de la falaise, de l'oued Chehek, oued El Rossaf, fouille du djebel Sennad, surveillance, mise en place de nuit ...

29 juillet 1959
Départ du commando en véhicules pour opérations. Départ à pied au col (sans doute le Beni S'Mir. S.G.). Matelots en difficultés physiques. Arrivée du commando au col. Évacuation sanitaire par hélicoptères. Une section part en embuscade.
Vivres : le personnel en opérations est pris en subsistance par la 8ème compagnie du 2/8 RIMA

30 juillet 1959
Départ 1ère section en embuscade au col. Djenien - Bou Rezg.

Fin embuscade 3ème section. Retour au col. Retour 1ère section au campement. Évacuation sanitaire par hélicoptère. 3ème section remonte au col pour une embuscade de nuit. Commando en subsistance pour vivres frais du 8ème RIMA.

31 juillet 1959

0078 Carte d Ain Sefra 21

Récit

Beni S'mir - Ich - 31 juillet 1959  - 2 août 1959- naissance de son fils à Alger -

Journal de bord du commando Trépel.

Extraits. Archives Marine nationale - Château de Vincennes - Pavillon de la Reine - Paris

Dimanche 02 août 1959

07 heures
Départ de la 2ème section en patrouille de jour jusqu’en Gt40 A52

11 heures 30
Retour de la 2ème section

11 heures 45
Retour de la 1ème section au campement du col

19 heures
La 3ème section quitte le col et va se poster en embuscade de nuit le long de la piste en   ?

21 heures
Tirs de nuit pour la 1ère section

CEPENDANT A ALGER dans une clinique de Bab el Oued

Dimanche 02 août 1959

17 heures
Dans une clinique de Bâb el Oued, à Alger Pierre Gérard René Gautier vient au monde.

19 heures
Son père quitte le col du Beni S'Mir pour une embuscade de nuit. Opération héliportée. Parachutage sur un nid de fellagha.  Accrochage. La carabine de Philippe Gautier s'enraye, le fusil du fellagha s'enraye, le second tire à son tour. Philippe Gautier a la vie sauve.

Philippe En operation - 2 aout 1958

 Philippe Gautier est le 2° en partant de la gauche

Lundi 3 août 1959 Djenien.

07 heures
Le commando quitte le campement du col


9 heures
Le commando arrive aux véhicules et embarque

10 heures 50
Le commando rejoint le poste de Djenien. Les hommes s'écroulent de fatigue. Le radio réveille Philippe Gautier et crie de joie :"Gautier, Gautier réveillez-vous ! Vous avez un fils!" Il lui remet le télégramme qui vient d'arriver :
" C'est un garçon. STOP. Il s'appelle Pierre". STOP.

Et "petit Pierre" est devenu la mascotte de la section. Son père dira "mon fils m'a sauvé la vie".

(J'ai dû interrompre mes recherches aux archives de la Marine Nationale- Château de Vincennes - faute de temps et je n'y suis pas retournée. Je n'ai donc pas terminé la lecture du journal de bord du commando Trepel....  enfin de ce qui est consultable ! et le nombre de copies demandées est limité)

  7 octobre 1959
Citation à l'ordre du Corps d'Armée avec attribution de la Croix de la Valeur militaire avec Etoile de Vermeil. (document figuant dans ses archives)

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11 novembre 1959

Défilé à ORAN du  Commando Trepel

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06 janvier 1960
Il est libéré des obligations militaires. Il fait la connaissance de son fils qui a 5 mois.

10 - 02 - 1960
Son Brevet de Lieutenant au long cours de la Marine marchande est enregistré au Bureau de l'inscription maritime du Quartier Le Havre.
Il démissionne de la Marine marchande .

01-04-1961
Nommé par le Ministre des Armées Enseigne de Vaisseau" de 1ère classe de réserve

Commandos de Marine : ICI
Dans la marge de droite descendez jusqu'au 144 "Commando TREPEL", les photos de Philippe GAUTIER se trouvent vers le bas de la page. 


IV - Date emblématique d'un massacre collectif  - Lundi 26 mars 1962 à Alger

3 - LES COMMANDOS TRÉPEL ET JAUBERT CROISENT DANS LA MER D’ALFA - Un reportage de Jean Taousson

 Un reportage de Jean Taousson – L’ÉCHO d’ALGER -  JUILLET 1959

 Aflou rôtissait sous le soleil de juillet. La chaleur torride qui dégringolait du ciel aurait pu justifier un mirage. Pourtant je n’avais pas la berlue : c’était bien un fusilier marin qui montait la garde devant un groupe de tentes kaki, disséminées dans un bosquet.

A des kilomètres du littoral oranais, au pied d’une montagne qu’ils escaladent comme les plus chevronnés des tirailleurs de compagnies muletières, les commandos de marine veillent au grain. Depuis le 10 juin, ils sont à la disposition du général HUBERT dans la zone opérationnelle de l’Atlas saharien.

LES MARINS ET LA RÉBELLION D’ALGÉRIE

Des marins en montagne, pourquoi pas après tout. A ceux qui verraient là une mauvaise utilisation des compétences, il suffira de rappeler que la guerre d’Algérie n’a rien de conventionnel.

Les commandos de marine constituent assurément une arme d’élite qu’on ne pouvait laisser rouiller dans les camps d‘entrainement du littoral sous simple prétexte qu’ils n’ont pas leur utilisation originelle.

Formés en Angleterre pendant la second guerre mondiale, les « marines » français au béret vert, héritiers des fusiliers marins de Fouchéou et Dixmude furent employés dans des missions de débarquement en Indochine, à Suez et plus avant dans l’histoire, à des coups de main audacieux sur les côtes de Corse, d’Italie et de Provence. Adaptés aux exigences du moment, ils forment aujourd’hui un redoutable outil de chasse : dans la Z.O.A.S., véritable zone expérimentale de la guerre révolutionnaire, le groupement de commandos marine est l’autre poing d’acier du général HUBERT.

Le groupement basé à Aflou est composé du commando « Trépel », dirigé par le lieutenant de vaisseau Éliés et du commando « Jaubert » à la tête duquel le lieutenant de vaisseau Scheidauer a succédé au capitaine de corvette Costagliola.

Le capitaine de corvette Costagliola est Oranais. C’est lui qui commande le groupement.
Un autre commando le « Montfort » est resté à Nemours. Le commando « Penfetenyo », enfin qui surveillait à Aïn Sefra les franchissements de la frontière regagne la métropole pour y prendre quelque repos.

Ces quatre unités sont à 85 hommes – quartier-maitres et marins – commandés par quatre officiers  et neuf officiers mariniers.

Comme à la Légion, les commandos de marine sont tous engagés volontaires. Le centre Siroco est chargé de leur entraînement. Il n’est pas nécessaire de rappeler les méthodes du centre pour affirmer que ces hommes sont physiquement et moralement sélectionnés, aptes à toutes les missions dangereuses, à tous les coups durs.

Leur formation même, frappée de l’étiquette « commando » fait d’eux des guérilleros supérieurs, à qui les plus anciens fellagha, façonnés dans les camps d’entraînement communistes pourraient difficilement en remontrer.

ILS ONT COMPLEXÉS LES FELLAGHA

Pleinement utilisés en commandos de chasse depuis la mise en place du plan CHALLE, ils ont, par leurs opérations multiples « complexés » les rebelles de leur région. Travaillant de nuit, toujours en mouvement, les commandos de marine ont en quelques semaines créé de véritables zones d’insécurité pour l’adversaire. Aussi paradoxal que cela paraisse, « Trépel » et « Jaubert » ont rarement accroché. Leur dernier engagement qui coûta 22 morts aux fellagha remonte au début du mois de juillet 1959.

Connaissant la valeur combattante de ces hommes qui s’illustrèrent sur les côtes du Tonkin et à  Port- Fouad  les fellagha ne se risquent guère dans leur secteur.
Au mois de mai, un commando rebelle composé de durs qui préparaient le passage d’une katiba à la frontière marocaine, reflua en vitesse au premier contact avec les « Marines ». Jamais encore cette « formation d’élite fellagha » n’avait été accrochée si durement.

Dans la plaine d’Aflou, je n’ai pu m’empêcher de marquer un certain étonnement à la vue de marins investissant des rhaïmas (1) de nomades ou contrôlant des caravanes de chameaux. Eux, paraissaient pourtant très à l’aise : la Méditerranée ou la plaine d’alfa, disaient-ils …

Que ce soit en opérations ou au cantonnement, 4 hommes et officier n’ont pas oublié qu’ils étaient marins. Ils ont conservé leurs traditions et la nouvelle tâche qui leur a été confiée, n’a pas altéré l’esprit naval qui les anima.
"Après tout notre vocation est aux voyages, déclarait un jeune officier. Jamais les bateaux ne nous auraient conduits au djebel. Eh bien c’est pour nous une belle occasion de voir du pays."

1. Tentes faites de couvertures que les femmes tressaient avec la laine des moutons

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 IV - Date emblématique d'un massacre collectif  - Lundi 26 mars 1962 à Alger

4 - Ingénieur chez IBM - A partir du 1er janvier 1960 jusqu’au 26 mars 1962

De janvier 1960 au 1er janvier 1962, il travaille comme représentant commercial pour une compagnie pétrolière dont il démissionne. Un chasseur de tête l'oriente vers IBM-France
Il entre chez "IBM-France pour l'Algérie" sur un poste d'ingénieur commercial. IBM se trouvait au début du boulevard Saint Saens à partir du tunnel des Facultés.
Son salaire dès le départ était tel que nous avions décidé que je m’arrêterai de travailler - indispensable jusque là tant sa solde était maigre - et que nous aurions un 3ème enfant. Lui-même était d'une fratrie de 6 enfants.

26 mars 1962
14 heures 50
Alger - La Grande Poste - Le Plateau des Glières
Sur un ordre de De Gaulle, les tirailleurs de l'Armée française tirent sur ses nationaux. Philippe Gautier est tué lors de cet assassinat collectif.

Lundi 26 mars 1962
 Deux ans  plus tard Philippe Gautier est tué lors d'un assassinat collectif, au Plateau des Glières, Grande Poste, le 26 mars 1962, par les tirailleurs de l'Armée française,  sur un ordre de De Gaulle de tirer sur la foule car interdiction d'aucune arrestation, aucune comparution devant quelque tribunal que ce soit . "Nous avons ordre de tirer disent le militaires".

 

012 En haut du Bd Laferrière
L’État français assassine ses nationaux le 26 mars 1962 à Alger 
La République se voile la face
La  Nation agonise

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IV - Date emblématique d'un massacre collectif  - Lundi 26 mars 1962 à Alger

5 - Tué au cours d'un assassinat collectif sur ordre du sommet de l’État à Alger - 1962

Voir l'article - 5.5 - Lettre de Simone GAUTIER au Président SARKOZY et réponse - 2008 : ICI

Voir l'article - 5.8 - Lettre ouverte de Simone GAUTIER, parue dans VERITAS N° 140 Février 2010 - la colonne du Quai Branly ou la cuvette de Ponce Pilate : ICI

Voir l'article - 5.9 - Lettre de Simone GAUTIER à Hubert FALCO, secrétaire d’État aux Anciens Combattants - 2010 - Refus de la colonne du Quai Branly  : ICI

 

 


IV - Date emblématique d'un massacre collectif  - Lundi 26 mars 1962 à Alger

6 -Dans son livre "Histoire secrète de l'O.A.S." Georges Fleury écrit :

Chapitre 65 : Bab el Oued s'insurge et souffre
Chapitre 66 : Massacre rue d'Isly - page 655...

Au matin du 27 mars 1962 le Maillé-Brézé et le Surcouf ont déserté la baie lorsque les autorités n'en annonçant que 46, il est certain qu'au moins 67 civils dont les plus jeunes, Ghislaine Grès et Christian Sainte Marie avaient 10 et 15 ans, sont morts au Centre d'Alger. Parmi eux, et 102 blessés par balle qui sont aujourd'hui soignés à Mustapha et clinique Lavernhe et Solal, aucun membre de l'OAS n'a été reconnu.

Au cours de la principale fusillade qui a duré 12 minutes, les anciens combattants ont payé à l'Algérie française un lourd tribu de morts et de blessés.Le docteur Massonat, Capitaine de réserve, a été tué comme Jacques Innocenti, lui aussi Capitaine

Philippe Gautier, jeune homme de vingt-huit ans qui a effectué son service militaire au Commando de Marine Trepel où son Commandant, le Lieutenant de Vaisseau  Robert Eliès, le considérait comme l'un des meilleurs Officiers de réserve servant sous le béret vert, a été tué par une balle française après avoir souvent risqué sa vie contre l'ALN dans la région d'Aïn Sefra."

Voir l'article de Georges Fleury : ICI

 

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IV - Date emblématique d'un massacre collectif  - Lundi 26 mars 1962 à Alger

7- Avoir 19 ans sur le M'ZI de Stanislas Szymonik

Après une longue, très longue nuit d'attente
Une noria d'hélicos bleus, ancre de marine
Nous déposent sur le plateau, odeur de mort latente
Avec cette boue dans l'estomac, mauvaise mine

La veille déjà, la Légion Étrangère avait dû battre en retraite
Submergée par des soldats décidés
Sachant d'ores et déjà qu'il faudra tenir tête
N'écoutant que leur courage sur leur sort déjà dicté

Un déluge de fer et de feu nous avait précédé
Faisant grand nombre de morts dans le camp adverse
Nous avions face à nous une troupe entraînée
Prête à en découdre , malgré quelques faiblesses

L'assaut était imminent, le pacha recevant les dernières instructions
De son allure altière, fier il décida du combat
Le choc fut d'une extrême violence, sans se poser de questions
Le commando se rua, comme pour un vulgaire pugilat

 La résistance était rude, pour reprendre leur position
Les bérets verts sautaient de rocher en rocher, suant sang et eau
Les corps à corps déments, sans relâcher leur action
Comme des sportifs aguerris voyant poindre le poteau

La journée se déroula à une allure folle
Rouges de sang de leurs blessures vermeilles
Les cadavres dénombrés jonchaient le sol
Les hélicos canons, tels des charognards tournoyaient dans le ciel

Ce fut un combat âpre mais loyal, sans haine ni assassinat
Deux membres de notre grande famille manquaient à l'appel
Venus mourir en soldat sur ce sol ingrat
Aujourd'hui qui pense à vous LURETTE et BOUSSANGE : "l'éternel"

Quelques décorations et citations furent attribuées
Le COMMANDO TREPEL, en entier l'avait bien mérité
Nous avions su mener un combat sans merci
Ce jour là, 8 mai 1960, j'ai eu 19 ans sur le M'ZI

 

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Le M'ZI


IV - Date emblématique d'un massacre collectif  - Lundi 26 mars 1962 à Alger 

8 - Condoléances d'Arthur WATSON - IBM

Télégramme reçu le 29 avril 1962 de Arthur Kittredge WATSON, grand patron de IBM World Trade Corporation, diplomate américain  et ambassadeur des États-Unis en France à partir de 1970. Il a étendu ses activités à travers le monde, guidé l'expansion d'entreprises internationales entre autres actions ou réalisations

 

telegramme1

 

"URGENT - NEW YORK
Veuillez croire à ma profonde compassion pour votre grande perte personnelle.
Puissent les prières de vos amis vous apporter un peu de réconfort
Arthur Watson

Please accept my heartfeld sympathy in your great personnel loss
May the prayers of your friends be of some confort to you
Arthur Watson

 

 L’État français  et la Mère Patrie sont bien incapables de la moindre compassion

Arzon 20042

Port Navalo - Morbihan

 

22 août 2016 - courriel de James Riera

Bonjour Simone,
........
Dire que j'aurais pu connaître ton époux à Alger.
J'ai passé mes tests d'embauche, boulevard Saint Saens chez IBM et je devais travailler en tant que qu'inspecteur hardware. Mais, recherché par le FLN, j'ai du fuir en février 1962.
Ce que j’ignorais ou avais oublié,est que le PDG d'IBM World Trade, fils du créateur d'IBM, Arthur Watson t'avait envoyé une lettre,hélas de condoléances.

J'ai - furtivement - connu monsieur Watson vers les années 1971/1972.
Il séjournait, pour un laps de temps, avec son épouse à Saint Vallier dans les Alpes maritimes, dans une maison de retraite. Ils disaient aimer la région mais ils ne sont pas restés longtemps.
En charge de ce secteur, j'avais été lui dépanner une machine à écrire (électrique IBM of course)
Un couple charmant, d'une remarquable simplicité. Il m’avait offert une tasse" de thé. Très sportif, il y avait un vélo d'appartement et il jouait au tennis.  C'était une autre époque, bénie, avec une vieille Amérique, une autre conception du "management". Tout simplement de la vie, que malgré leur fortune, ils connaissaient.
Compagnie IBM que j'ai beaucoup aimé durant 38 ans mais qu'il me tarder de quitter. "Pauvre  Watson" .... Si tu voyais , ce que les hommes ont fait (sur le plan humain) de ta compagnie. Ceci pour finir ma parenthèse.
James

 

 

 

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